Catalogue livres thème : Roman / Littérature générale


Enfin la vérité sur les contes de fées

« Que fait un personnage quand il est hors champ ? » À cette question, le cinéaste Lucas Belvaux a répondu en 2003 par une rafale de trois polars, de trois points de vue distincts, sur une même histoire. Que fait une héroïne quand elle est hors plume ? Ou en contre-plume comme il y a un contrechamp ? C’est la question que pose Murielle Renault dans Enfin la vérité sur les contes de fées. Soit un roman, Treize minutes, de Nicolas Rey. Soit les personnages : Simon, Antoine, Marion, etc. Soit leur histoire commune : Simon qui voit déferler Marion dans l’appartement qu’il occupe avec Alban et Théo ; la recomposition sentimentale qu’elle y génère ; les dérives qu’ils y vivent. L’auteur s’invite dans le récit comme Marion dans l’appartement. L’histoire est semblable mais l’angle de visée, le regard, différent. C’est Marion qui raconte, non plus Simon. Plus qu’un changement d’optique narrative, c’est une autre chimie passionnelle qui s’élabore, un autre corps qui témoigne, jouit et souffre, une autre mentalité qui décrypte les événements. Petite révolution copernicienne à l’usage de la jeune génération : Murielle Renault. Avant-propos de Nicolas Rey (extrait) : « Murielle Renault a choisi le cadre de Treize minutes pour mieux le faire exploser. Treize minutes n’est qu’un prétexte à un premier roman autonome, féminin, vénéneux, drôle, tendre et poignant en diable. »

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L'Embâcle

« Embâcle » désigne l’obstruction du lit d’un cours d’eau par un amoncellement de glace.Dans ce roman de Sylvie Dazy – son deuxième après Métamorphose d’un crabe, l’étonnant parcours d’un gardien de prison –, le grumeau s’appelle Paul, Paul Valadon, un veuf au rebut, tout perclus et reclus, qui a deux amours : les bêtes et les restes. Il dorlote les unes et empile les autres dans une bicoque que le compactage effréné de tous les détritus a mué en déchèterie d’Ali Baba, en écomusée de l’ordure domestique.Et ce que Paul, habitant de cette ville encerclée par deux fleuves ombrageux, contrarie, c’est le flux du fric et des affaires, le prurit de rénovation qui veut changer le vieux quartier de la Fuye, frère du populaire la Varenne, en un boboland juteux pour ses promoteurs et décontracté pour ses nouveaux habitants. Se tisse alors un filet de démarchages et de contacts, une toile d’araignée de poisseuses prévenances, autour de lui, et d’autres comme lui : Malick, le cafetier de la place, mesdames Denise et Rameau, relogées (délogées), sous le regard de Louise, l’émouvante assistante sociale harcelée par son passé.Un roman sur l’art de faire front, de résister à la montée des eaux, celles du fleuve, du passé, de l’histoire en attendant l’Apocalypse.

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L'Ordre des choses

Soit Félix, drille anxieux et labile, personnage introspectif et timoré, un succès littéraire au compteur, obligé néanmoins de gagner son pain en tartinant articles tendance et reportages marioles sur la maroquinerie de luxe ou les coloquintes. Félix, dans la vie, a un ennemi et une crainte : le premier s’appelle « l’ordre des choses », une bête coriace dont le venin transforme tout, et surtout ce que l’on redoute, en une obligation universelle : « On n’était pas tenus par je ne savais quel décret naturel de répandre ses gènes aux quatre vents à l’imitation de la semeuse des dictionnaires Larousse » ; la seconde est bien sûr le démon « fécondation » descendu sur terre avec son cortège de ventres bombés et son palmarès de nuits en miettes, d’enfançons criards et de charges parentales. D’où une panique certaine et taraudante dès que Bambi, sa très charmante compagne, cadeau du ciel livré par montgolfière lors d’un voyage en Turquie, s’avoue être en désir de postérité. Sa belle tirant des plans sur la gamète, Félix ne voit qu’une échappatoire : « fuir, là-bas fuir », échapper à la vision terrible de cette « jeune femme allaitant son enfant ». Replié loin de Paris au sein de la famille Zébulon qui ravaude une commanderie templière, Félix entre en effervescence à la vue de Sabine avec qui il s’offre une douce passade. Après bien des rebondissements, Félix se retrouvera à la case débat, celle de l’éternelle question : en avoir ou pas ! Au fil zigzaguant de ce marivaudage virtuose et de ce monologue incessant, Jean-François Pigeat la pose sans y répondre, scrutant ses personnages avec amour et tendre malice, dans le droit fil d’un Woody Allen ou d’un Dino Risi.

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La Marseillaise

Le chant d'amour de Marc-Édouard Nabe pour le jazzman Albert Ayler.

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Nouvelles du Nord et d'ailleurs

D'Holder, les livres sont minces comme des tuiles, tranchants comme elles. Des nouvelles qui vous entaillent finement l'âme. Vous verrez, les textes d'Holder sonnent comme des 45-tours : ils grattent à force, mais on les rejoue sans cesse. À cette fin, Le Dilettante en a groupé un éventail de quatre spécimens. Nouvelles du Nord, hommage aux toutes petites gens tapies derrière leurs fenêtres ; Les Petits bleus, où sa mère, en visite, sort du train, comme un foulard d'un chapeau, où les Tropéziens ont le moral au plus bas, où l'on s'amourache d'Irène au cœur en corne d'abondance vigneronne, où la micheline se peuple de spécimens franco-immortels ; La Chinoise, qui amène Holder aux gestes sauveteurs et nourriciers ainsi qu'un peu plus loin à des pratiques érotico-arnaqueuses, et puis Bruits de cœurs, où il suit quelques dames avec attention, amour et minutie ; de chaque trou de l'harmonica s'envole une nouvelle qui est un son strident, aigre-râpeux ou doux et vibrant.

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