Catalogue livres thème : Novella(s)


Aftalion, Alexandre

"Parue en 1928 aux éditions émile-Paul frères et rééditée en 1986, cette nouvelle circonscrit le destin d'un homme et nous livre la note-clé de son univers : un monde gris, une vie chiche et un héros inapte à s'y engrener, car pur et seul. Miséreux émigrant balkanique monté à Paris via l'Italie, Alexandre Aftalion s'y marie, a un enfant. Sa femme est fortunée, un bonheur se dessine, bref. Car Aftalion joue ; Aftalion perd. Voilà les faits. Mais, d'Afatlion, que sait-on ? Car Aftalion existe peu. Ce Keaton lymphatique, à la gaucherie lunaire, ne se laisse pas fixer. Sur lui, rien ne mord. Les événements le portent ; il s'y adapte sans s'y fondre, homogène et plastique, lacunaire. Entre une femme ruinée et que ride le mépris et un fils qui le scrute avec une tendresse pathétique, Aftalion ouvre sur sa solitude deux grands yeux vides et purs, très durs."

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Descabello

Certains entrent en littérature en sonnant posément une fois, deux fois, trois fois à la grande porte, d’autres en cassant les vitres, certains par le soupirail ; en bon cangacero de la plume ou gaucho de l’écritoire, Cubel-Ulluarte, retour de l’ouragan, pour son premier délit d’écriture, fracasse la lourde et charge le casier : une rafale de trois novellas – ou longues nouvelles –, aux rythmes artériels, à l’écriture peignée au fer rouge et aux figures délinquantes. Premier cas : Bartholomé. Il file sur les routes espagnoles à tombeau ouvert, le sien. C’est le fils secret, l’éperdu rejeton de James Dean et de la Madre d’Avila. Il porte cilice et vit d’un amour mystique pour Maria, son ciel, sa nuit, son Carmel. Retour au début du XXe siècle au Chili où deux jeunes femmes, Clara et Mayra, chiliennes les deux, de classe et d’ethnie différentes, vont être lancées dans un périple échevelé et violent au dénouement insensé. Même époque mais en Argentine avec Sebastián Hortelano, « le plus misanthrope des gauchos solitaires de toutes les pampas », ou la rédemption d’une âme de plomb par une fille de bordel. Trois longs récits, trois balafres, trois encoches à la crosse, trois nuits au poste, trois fusées en vrilles.

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Étrangers dans la ville

Tout allait bien. Perdu dans la mer de velours vert d'un tapis de jeu, Ciantar égrenait ses jetons ou édifiait des murets de plaques gagnées à la sueur de la roulette. Mais tout cesse, car le voilà amené à étayer d'un article le come-back d'une chanteuse d'opérette – Simone – de retour des States (Ciantar pige à Combat). C'est alors un pas de deux pour esseulée en mal d'épaule et caboteur érotique en veine d'amourachage durable. Rendez-vous est pris, au soir d'une première de Montand. Deuxième station : un déjeuner chez elle. Amour fait, risque pris, le beau Maurice se retrouve à marcher, seul, dans la nuit. – Postface de Jean-Paul Louis.

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Hazard et Fissile

Court texte inédit et inachevé. Prenez un savant comme Éléazard Hazard, des insectes en latin, un clàoun nommé Calvaire Mitaine, Sulpice Fissile le philatéliste, une pieuvre apprivoisée, les binocles et moustaches du détective Florentin Rentin, Jim Jim le boxeur nègre à l’accent alsacien ; mêlez à cela une belle quantité d’environs de Marseille, un château dit des Broutilles ; saupoudrez avec un inventaire d’objets usuels ; nappez de quelques crimes cocasses, disparitions subites, dialogues en roue libre et proclamations en pente rude de l’auteur qui revendique le droit de changer le nom de personnages « ramassés dans le sable un jour d’ennui et qui n’arrivent que péniblement à [le] distraire » et vous obtenez, en cinquante-neuf feuillets dûment comptés, les vingt-neuf chapitres d’un roman inéditissime de Raymond Queneau : allègre sauterie narrative pour ectoplasmes surréalistes et élémentaires onirocritiques. Souvenez-vous, braves gens, c’était quand Fantômas tenait le piano...

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La Vie en mieux

Mathilde a 24 ans. Elle a abandonné ses études pour un boulot sans intérêt et vit en colocation avec deux autres filles. Elle dit qu’elle est heureuse, mais est toujours obligée de boire pour s’en souvenir. Un jour, elle oublie son sac à main dans un café. Un homme le lui rend la semaine suivante. Quelques mois plus tard, et à cause de cet homme justement, elle décide de changer de vie.   ________   Yann a 26 ans. Il est aussi diplômé qu’on puisse l’être, mais n’a pas trouvé de travail. En attendant des jours meilleurs, il est vendeur. Il ne dit pas qu’il est malheureux, mais souvent, quand il traverse la Seine, il s’imagine qu’il saute et se voit en noyé. Un soir, alors qu’il est seul, il rend service à son voisin du dessus. Pour le remercier ce dernier l’invite à dîner. Quelques heures plus tard, et à cause de cet homme justement, il décide de changer de vie.

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Le Cri du canard bleu

Romans à l’enseigne du réalisme féerique et du merveilleux intimiste, nouvelles à laisser fondre sous la langue, chroniques à croquer sur place : l’arbre vialattien croule sous les saveurs et les richesses. Mais tant d’années de cueillette ne l’ont-elles pas dûment épuisé ? Y a-t-il encore à grappiller dans l’œuvre de l’Auvergnat considérable ? Que oui et le Dilettante le prouve en libérant, grâce à Pierre Vialatte, ce Cri du canard bleu préfacé par François Feer (chargé au Dilettante du département des espèces menaçantes et menacées : Bestiaire amazonien  et Les poissons sont indomptables ) qui témoigne là de son amour pour Alexandre le grand et son « chosier » délectable. Mais quid du « canard » ? Voilà. Ce Cri du canard bleu, prose de 1933, est une envie romanesque laissée à l’état d’esquisse. On y trouve Étienne, qui s’ouvre à la beauté par la voie d’affriolantes affiches où scintille « Estelle », star des « Ballets Féeriques ». Beauté que partagent également, sur un plan modeste, Amélie « la vestale des humbles marmites » et l’institutrice, Mlle Lantelme, qui lui sera ravie par la plus ravissante des folies, lui transmettant néanmoins, ultime présent, un canard bleu de Colombie, reliquat mythique de sa présence étoilante.On trouvera également, au fil du récit, ces ingrédients essentiels au merveilleux vialattien : un missionnaire gothique, un oncle à moustache, un magasin général, caverne d’Ali Baba du surnaturel quotidien, des coffrets à goûter, « une auberge de complainte et de grand vent ». Une fois de plus, à grand renfort d’étoiles saupoudrées, de plantes charmantes et d’une prose où chaque phrase semble jaillir d’un chapeau claque, Vialatte transforme, à vue, pour nous, l’Auvergne en terre de féerie. Vialatte, seigneur des anneaux… chinois, dont acte.

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Les chevaux de bois sont ivres

Tout comme Les yeux de la tête, ces cavales captives sont prélevées sur L'emploi du temps (1953). Une nuit, veille de 14 Juillet, entre Clichy et Belleville, l'Opéra et Pigalle. Et Desdémone, récif glissant auquel on se cramponne, qui vous fuit et, partant, vous pilote. Une virée chaloupante dans Paris qui fermente, une nuit violente, cliquetante de couteaux et tatouée de morsures. L'écriture de Maurice Raphaël, sans arpentage ni mesure, déverse la splendeur scintillante et pulvérisée d'un feu d'artifice et convoque des monstres postiches, felliniens en diable. Une averse de confettis, des rasades d'étincelles.

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Les Noeuds

À travers les tourments de son dernier de cordée, Basile, Les Noeuds raconte l’ultime jour de la dynastie Porquet, spécialistes historiques de la fabrication des cordes à nœuds. Dans un sursaut désespéré, Basile tente de retarder l’heure, pourtant inéluctable, de son propre dénouement.

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Nuage

L'hommage de Marc-Édouard Nabe à Django Reinhardt.

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Traité d’indifférence & La Nouvelle Année

Traité d’indifférence Courtes méditations sur la vie, les huit textes ont un arrière-goût de mort subite. Nimier s’y épluche de ses illusions, de ses mensonges salvateurs, hume la mort, flatte le vide comme un animal familier. Il ouvre le recueil sur un constat en forme de cul-de-sac ; suit un « beau travail d’écolier » sur la difficulté de « se connaître soi-même ». Hitler s’invite entre les pages, le temps d’un papotage acerbe. La Nouvelle Année C’est une histoire de voiture : elle braque, elle recule, elle fonce ; c’est une histoire de jeune fille : elle s’appelle Anne, porte jupe plissée, cheveu batailleur, mignonne petite plaie au cœur ; c’est l’histoire d’un garçon, Roland. Il vit au jugé, véloce et tâtonnant. Anne morte, flics aux basques : escaliers, voiture, fuite. Puis commissariat, tabassage, évasion. Un conte de Noël exécuté par Roger Nimier, noir comme la terre qui durcit sous la neige. Une morale : Noël sent le sapin. Bonne année !

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Vieilles peaux

En trois temps, deux nouvelles, Anna Rozen exécute une balzacienne physiologie de la « vieille peau ». Créature singulière que cette dernière qui n’a rien de la vieillarde vénérable et échappe à l’archétype de la femme mûre. Tanguante, ballottée entre elles deux, la « vieille peau » vit le passage de l’une à l’autre dans l’amertume inquiète et l’effroi paniqué, giflée par les miroirs, alourdie d’un vis-à-vis tout aussi terne et pareillement fripé. Elle n’est pas vieille mais se sent le devenir. Affaire de conscience plus que de rides, d’anxiété plus que d’artères. Vieilles peaux, celle de Cressida, star des lettres empêtrée dans la gestion de sa mémoire écrite et les bras plutôt ballants de ses secrétaires successifs. Puis celle de Marthe, la Marthe de Fernand, pour qui le temps s’égoutte et la vie s’arthrose. Peaux en plis tristes et piquées comme de vieux miroirs. En clôture à cette double déploration et lent naufrage, une pyrotechnique valse des consciences, où l’auteur, en digne Fregoli de la plume, joue de tous les personnages, peaux aussi vite quittées qu’endossées : à l’arrivée « il n’y a personne. Que vous, Et moi ». Anna Rozen.

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