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Passage des émigrants

CHAUVIRÉ Jacques

Genre : Roman
ISBN : 978-2-84263-080-5
Date de parution : 01/11/2003
Nombre de pages : 350
Couverture : atelier Civard
Prix : 18,50 €

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Dernier volet de la trilogie entamée avec Partage de la soif et poursuivie avec Les Passants. On retrouve l’humanisme de l’auteur à travers le docteur Desportes maintenant au service de gériatrie et le contraste d’une ville qui naît d’avec la décrépitude de certains de ses pensionnaires. Réédition du texte paru en 1977 chez Gallimard.

Résumé

Ils sont deux, les Montagard, lui et elle, Maria et Joseph. Cultivateurs, campagnards. Deux êtres à l’image des héros de Chauviré : en bout de quai, lorgnés par le déclin, filés par la mort. Un jour les voilà aiguillés par leur fils vers une maison de tout repos que flanque comme son ombre un hospice sinistre. Ils s’insèrent dans la mécanique journalière du lieu, parmi les binettes macabres ou les faciès ternes, les sédentaires et les vadrouilleurs. Joseph s’enlise dans l’ennui ; Maria babille. Le temps passe lentement, entre fausses joies et petites déconvenues, maladies et décès. Le fils est loin. Pour échapper à cette lie du temps, Joseph reprend du service, travaille au jardin, à l’atelier. La maladie et la mort de Maria achèveront de désorienter Joseph, errant entre la maison retrouvée, la résidence de nouveau, puis la fosse finale de l’hospice. Un ballet au ralenti où les morts servent de béquilles aux vivants, où l’ennui cimente les jours. Une danse macabre réglée par le docteur Desportes, un «passionné» de la vieillesse.
Une fois encore, Chauviré scrute au plus près le naufrage modeste de deux êtres anodins, tenacement accrochés à la vie mais peu à peu absorbés par «la lente désincarnation des êtres.

Presse

J'admire sa simplicité d'eau claire, le baume si doucement humain qui sourd de chacune de ses phrases.
Philippe Claudel, Lire.

Passage des émigrants vient à nouveau rappeler l’envergure secrète d’un écrivain discret et élégant, dont le véritable sujet aura finalement toujours été, et tout particulièrement ici, la conscience de la mort. Conscience inhérente à toute vie, et que la vieillesse rend simplement plus intense, jusqu’au désespoir. "Tout corps prépare sa propre déchéance. La mort n’est qu’un suicide méconnu".

Bernard Quiriny, Chronic'Art, 18 décembre 2003.
www.chronicart.com

Chauviré a cet art de la description d’un milieu et d’un caractère qui ne se limitent pas à une usine et à un seul personnage. On ne s’étonne pas que cette œuvre au style rigoureux, d’une simplicité efficace, à la fois sobre et intense, ait séduit Camus. On s’étonne qu’elle soit oubliée.

Pierre-Robert Leclerc, Le Monde des livres.

Le style de Jacques Chauviré a l’humble beauté d’un verre Duralex sur une toile cirée.

Bernard Morlino, L’Évènement du Jeudi.