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Livres

Ça va trop vite

LENNER Anne

Genre : Roman
ISBN : 9782842637231
Date de parution : 29/08/2012
Nombre de pages : 288
Couverture : photo © Jacques Honvault
Prix : 17,50 €
Exemplaire du tirage de tête : 70,00 €  
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C’est l’histoire d’un dandy du shit qui ne se connaît qu’une ligne de conduite : celle de la fuite. Mauvaise herbe vite montée en graine, il envisage sa vie comme une partie de poker.


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Résumé

On vous aura prévenu : cela va aller vite, et même bien trop. On détaille. La durée : trente ans, mais en trombe. Lieu quasi unique : le Bocal, une cité aquarium banlieusarde, toute de béton opaque, bien complète de sa faune étrange. Le héros, l’avorton raclure au mental pourri de rêveries yankees qui nous narre sa saga a tout du local lambda : père turfiste dingue, mère au foyer, grand frère « trois F : frime, filles et fringues ». Et l’on n’oublie pas Nadia, donneuse de joie. Ses débuts dans la vie, il les fait à coups de trafic de clopes, ce jusqu’au jour où il rencontre Lacrymo, le dealer. Alors là : choc ! révélation ! L’homme est albinos, semblant « le fruit des amours du lapin d’Alice et du chapelier fou ». Après une prise de contact plutôt rêche, notre héros, rebaptisé Epsilon, devient le bras droit de ce « Proust de la schnouf » : deal au quotidien pimenté de menus larcins. Les choses prospèrent, mais se corsent le jour où notre héros dénonce son frère à Lacrymo, qui renvoie la balle. Et son frère d’offrir Nadia la gagneuse à son club d’amis. L’affaire prend vite les proportions d’une poubelle, celle dans laquelle on retrouvera à l’aube la viande du grand frère allégé de sa mâchoire. Epsilon n’en continuera pas moins à tailler dans la vie sa trajectoire de teigneux : junkie un jour, dealer le lendemain, star de la variété le surlendemain. Rail de paillettes, ligne de strass. Pour clore cette dopante virée en zigzag, retour à la case Bocal avec suspense final infernal. Alors tout le monde en piste pour ce Scarface version Paris Nord, ou quand Tony Montana se la joue 9-3. Shake your booty !

Presse

« Un corps de bâtiments échoués au fond d'une calanque desséchée, avec des arbres mous et gris comme des algues, et des concierges aux visages aussi expressifs que des cailloux ». C'est ainsi qu'Anne Lenner décrit "le Bocal", sorte de cité tragicomique où se déroule son histoire. Ces trois lignes donnent une idée de son style brillant et incisif, bourré d'images et de formules percutantes qui rendent la lecture de Ça va trop vite extrêmement prenante. ll fallait du talent pour tenir en haleine le lecteur sur un sujet aussi convenu - maîs tristement réel - que la banlieue moyenne, ses trafics de drogue, sa violence, sa galerie de personnages ambigus et dangereux prêts à commettre des crimes horribles, avec en arrière-plan l'ombre menaçante de l'intégrisme religieux Son héros Epsilon, un gamin ordinaire du quartier, pourtant doté d'une certaine culture (et ce n'est pas la moindre des surprises du livre), suit une route jalonnée de références aux séries des années 1980 (Dallas, Pour l'amour du risque ). A la fois faible et malin, victime de son frère qui le vole et finira mal, confronté au parrain local, il passe des petits larcins dans les cinémas à la brasserie Lipp et à la chanson, sans se soucier des naufragé(e)s de la cité. ll retrouve Béatrice qu'il a abandonnée, et constate avec effroi la métamorphose de la jeune femme « Des strates de graisse avaient recouvert les rondeurs de l'enfance. Nu, son corps devait être aussi plissé que le tuyau d'un aspirateur Hoover des années 1950 » Epsilon se dit que dans le noir et « avec un peu d'imagination », il pourrait encore la « tringler ». Aucune pitié dans le récit d'Anne Lenner. C'est pourquoi son livre est si juste et si fort.
Stéphane Koechlin, À Nous Paris, 19/25 Novembre 2012

Un Epsilon dans le bocal
Surnommé, dans sa cité périphérique - laquelle répond au nom de "Bocal" -, Epsilon, tant son existence est insignifiante, le héros de cette saga moderne est un triste sire (...) Anne Lenner a concocté une fable aux petits oignons, amorale et déjantée, mené à grandes guides et qui se terminera en feu d'artifice.
Jean-Claude Perrier, Livres Hebdo, 8 juin 2012