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Les Fables de Zambri

BIERCE Ambrose

Genre : Fables
ISBN : 9782842637477
Date de parution : 10/04/2013
Nombre de pages : 192
Préface : Thierry Beauchamp
Traduit de de l'anglais (Étas-Unis)
Traducteur : Thierry Beauchamp
Couverture : Alice Charbin
Prix : 15,00 €

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Parodier les Fables d’Ésope, détourner le plus célèbre des esclaves phrygiens pour mieux défendre les principes stoïciens à la source de ses fables, permet à Bierce de joindre sa voix à celles des grands moralistes du passé. Qui aurait cru que la fable connaîtrait une seconde jeunesse au Far West ?


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Résumé

En matière d’absurde, de cynisme tranchant et d’humour à l’âcre noirceur, là où l’Irlande affiche Swift (avec ses recettes pour mitonner les enfants de pauvres), l’Allemagne et l’Autriche, Lichtenberg (le couteau sans lame auquel il manque le manche) et Karl Kraus, la France, les fantaisies macabres des « petits romantiques » tels Borel ou Rabbe, l’Amérique du Nord dégaine, plus encore que Mark Twain et O. Henry, Ambrose Bierce. Journaliste et auteur fantastique, digne inventeur du Biercing, posture littéraire consistant à générer chez les lecteurs un rire inquiet, voire angoissé, une terreur d’autant plus sourde qu’elle émane de petits objets littéraires d’apparence anodine : fables, petits contes, dits et anecdotes. Les proses de Bierce ne mènent nulle part, s’ensablent dans le non-sens, vous engouffrent dans un vide opaque et vous égarent dans des chambres sourdes où rien ne sert de crier, on vous fera mourir à point. Sa disparition mystérieuse, pendant la révolution mexicaine, à soixante et onze ans, donne une fin mythique à une carrière débutée, comme nous l’apprend l’érudit traducteur et préfacier Thierry Beauchamp, en 1868 au « Crieur public » de San Francisco. Bierce y devient vite célèbre par ses récits « drolatiques » de « faits divers sanglants ». Tenté par une carrière anglaise, installé à Londres, il y publie notamment, en 1872, la matière de ces cent trente cinq brèves Fables de Zambri inspirées d’Ésope, et des contes persans, mais d’un Ésope abreuvé d’Edgar Poe, désenchanté de toute religion et humanisme nigaud. Monde où un vol de colombes piège à mort un épervier, où les pierres parlent, où les renardes sacrifient leur petit, où les zèbres passent sur le gril, où les aérostiers en chute libre échangent des politesses avec les aigles. Un monde cocasse et désespérant, absurde comme cet affamé qui veut faire cuire une salamandre puis finit par l’assommer et la manger crue. Bienvenue chez Bierce ! Au pays de la roulette américaine où l’on se colle à la tempe un revolver sans canon auquel il manque la crosse.

Presse

Ambrose Bierce a composé des centaines de fables animalières parodiant celles d'Ésope. Les voici enfin traduites. Un régal !
Roi du sarcasme et grand maître de l'humour, Ambrose Bierce (1842- 1914) est déjà célèbre aux États-Unis quand il part séjourner à Londres, en 1871. Il y passera quatre ans, écrivant pour divers journaux, parmi lesquels l'hebdomadaire satirique Fun qui lui commande des fables animalières inspirées des mythiques Fables d'Ésope Enthousiasmé, Bierce en écrira plusieurs centaines et continuera d'en imaginer après son retour aux Etats-Unis, en 1875. Les voici traduites pour la première fois : un bijou d'humour et de nonsenie qui rejoindra sur vos étagères le fabuleux Dictionnaire du Diable et les indispensables Histoires impossibles En deux ou trois paragraphes, Bierce invente des historiettes complètes, avec un petit dialogue ct une morale souvent décalée, qui n'a parfois rien à voir avec le sujet, ou qui se limite avec culot à une autojustification péremptoire - «cette fable est rapportée pour sa valeur intrinsèque ». À l'époque, les lecteurs anglais ou américains n'avaient pas de peine à discerner, derrière ces tableautins, des allusions voilées à l'actualité. Un siècle plus tard, cette dimension historique nous échappe, mais cela n'enlève rien au plaisir que procurent ces inventions pleines dc liberté ct d'autodérision, «égales, dit joliment Bierce, à celles du regrette M. Esope, en tous cas aux plus nulles d'entre elles ».
Bernard Quiriny, Troiscouleurs, avril 2013 

 

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