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Livres

Tartuffe au bordel

PAUCARD Alain

Genre : Essai
ISBN : 9782842637576
Date de parution : 07/11/2012
Nombre de pages : 128
Couverture : @ www.archivesderos.com
Prix : 13,00 €
Exemplaire du tirage de tête : 52,00 €  
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Il y a un marché de l’interdiction. Une des industries marchandes aujourd’hui parmi les plus florissantes, c’est l’industrie des Droits de l’Homme. Et c’est au nom des Droits de l’Homme et de la Femme que la Marchandise veut interdire la prostitution et punir le client. Le but de la manœuvre est de vendre autrement, dans un monde sans péchés.


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Résumé

Et une fois de plus, comme un seul homme, la Rosalie au canon, l’étendard brandi et donnant du clairon, Alain Paucard lance l’assaut, fonce dans la brèche ! Celui qui défendit, seul contre tous, la mémoire calomniée de Joseph Staline, prit fait et cause pour la série B, déchaîna sa ire contre les vacances, se fit le Bossuet du pur malt, sacrifia au culte d’Audiard et fit de Guitry l’une des très riches heures de la langue et de l’esprit français, ramasse aujourd’hui l’épée de Condé pour relever l’honneur du tapin, défendre en sa vérité la prostitution gauloise, menacée par une législation inique et maladroite. « Touche pas à ma pute » tonne le père Paucard depuis cette chair(e) généreuse où il aime tant à monter pour dénoncer les dérives puritaines, les hypocrisies bien-pensantes et la connerie au pare-chocs de 4x4 qui menace la si poétique péripatéticienne, lieu de mémoire et figure clé du paysage français. Partant de la sage constatation qu’« il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu’ils n’ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu’ils en ont une », Dom Paucard fait feu de tout bois, multiplie les exemples historiques, déroule toute une casuistique précise, inspirée de l’histoire récente, visant à démontrer que la prostitution ou art du monnayage érotique participe, non de l’esclavage (même si elle en prend souvent la forme), mais d’un exercice consenti de la liberté, une forme de commerce plus équitable que prévu. Démonstration étayée, et c’est l’un des plaisirs de ce libelle, par une expérience personnelle (n’oublions pas qu’il est l’auteur du Guide Paucard des filles de Paris, 1985) où flamboie cette maxime cinglante et roborative : « LA CHAIR N’EST PAS TRISTE, CERTES, ET VOYEZ DANS MON LIVRE. »

Presse

Entretien avec Bernard Quiriny, Chronic'art, 11 decembre 2012 

 

20minutes

« Le monde n’est, d’âge en âge, qu’une grande aspiration de crétins malfaisant dont il faut à tout prix se démarquer. » selon Jean Dutourd, membre du Club des Ronchons, dont Alain Paucard est le président à vie. Voilà qui est réjouissant. Féministes, « politiquement correct », natures moroses, puritains nordiques cachez ce livre que vous ne sauriez lire. Anticonformistes, libertaires, nostalgiques d’Audiard et naturellement vous messieurs saisissez ce petit ouvrage. Oui, vous tous messieurs, puisque selon l’auteur : «il y a deux sortes de clients de prostituées : ceux qui vont les voir parce qu’ils n’ont pas de femme et ceux qui vont les voir parce qu’ils en ont une». Mesdames il est conseillé de sourire et voyez plutôt : On l’aura tous compris par le titre, l’auteur fustige l’hypocrisie dans le domaine de la prostitution en France – ni interdite, ni autorisée – et sur un mode polémiste, cultivé et goguenard, défend par dessus tout la liberté. Imparable sur le métier, depuis l’époque des maisons closes jusqu’au 6 décembre 2011 qui défend la « position abolitionniste de la France », incollable sur l’histoire, la littérature, le cinéma et savoureux recenseur d’anecdotes frondeuses, Alain Paucard ne perd pas de vue ses ennemis. Le pragmatisme et le bon-sens écrasent l’hypocrisie et les interdictions pures. Tout y passe, et bien que parfois réducteur, il souffle un vent de révolte réjouissant. Pêle-mêle on fréquente, entre autre, St-Louis ainsi qu’une pute qui aime Antonioni et le Nouveau Roman, Roger Vaillant le libertin bolchevique, Casque d’or ou mesdames Beauvoiry et Margueritte Durasoir. Il est question de fascisme, de catholiques pervers contre les nordiques puritains, de différence entre prostituée et professionnelle, adultère et prostitution, mais surtout on y apprend une chose simple en forme de solution idéale et réponse à tout. Il n’y a qu’un seul principe à respecter : il faut être gentils et généreux avec ces dames. Finalement ce livre sympathique et toujours drôle est un pamphlet conciliateur. 

Christiane Miège, Chroniques de la rentrée littéraire, 25 octobre 2012

 

Voici un livre à mettre entre toutes les mains. L’auteur est un habitué du crochet de la droite envers ceux qui s’égarent, ne produisent pas de solutions ; au contraire, s’enferrent, envenimant le débat. Combien de fois n’a-t-on pas tenté à travers les siècles d’éradiquer la prostitution. Aujourd’hui on s’en prend aux clients. A l’aide de réflexions, d’exemples multiples, s’appuyant sur des expériences personnelles, Paucard montre et démontre l’absurdité de telles initiatives. Félidés et panthères vrombissent dans les alcôves. C’est donc en des termes choisis que Paucard parle avec fringance d’un Pierre Louÿs poussant ses démonstrations jusqu’à la maxime. C’est épatant, aurait dit Jean Dutourd. Ce livre se recommande à celles et à ceux arc-boutés sur des certitudes d’un autre âge. Ce qui appartient à l’émotion, à l’envie, aux sensations, à l’appétence, ne peut que dérouter les vertueux contrôleurs. Un commissaire divisionnaire nous avait confié, à propos de sombres affaires liées au sexe, cependant dissemblables, que leur dénominateur commun pouvait se résumer par ces deux mots : le cul, le fric. Paucard souligne avec raison : « Nous sommes face à la vertu, à la nouvelle, à la fausse vertu. C’est le visage que prend le vice aujourd’hui ». Quant aux prostituées, elles appartiennent à des catégories distinctes. Il y a celles qui ont choisi le métier, celles du bitume contrôlées par le proxo du coin, celles qu’on appelle au téléphone, celles d’Internet. Elles ne se ressemblent pas. Il y a celles, peu nombreuses, d’aspect très convenable, qui à l’occasion d’un lèche vitrine, attirées par un foulard de marque, n’ayant pas la monnaie nécessaire, n’hésitent pas à sauter le pas d’une passe ou deux. Paucard énonce avec tact ce qui n’existe plus, les maisons closes, les bobinards, les bordels, les lanternes rouges, les lupanars. A coup sûr, son livre n’apprendra rien à ceux qui ont fréquenté madame Fabienne Jamet du One two two.

Les chroniques d'Alfred Eibel, 23 octobre 2012