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Un an dans un tiroir

BOST Pierre

Genre : Journal
ISBN : 978842631888
Date de parution : 03/02/2010
Nombre de pages : 128
Préface : François Ouellet
Couverture : DR © La Poste, 1941 / Coll. Musée de La Poste, Paris.
Prix : 14,00 €

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Ceci n’est pas le journal de captivité d’un prisonnier-écrivain mais les notes d’un écrivain-prisonnier écrites à partir du 26 septembre 1940 jusqu’au 10 juin 1941. Pour des raisons de santé, Bost sera libéré le 30 juin 1941 du stalag 1A de Kaliningrad, Prusse orientale.

Résumé

Première publication chez Gallimard dans la collection Les Essais en 1945.

Entre le 19 juin 1940 et le 30 juin 1941, Pierre Bost est sous clé en Allemagne orientale, à Königsberg, dans un stalag morne et méchant. Période nue, âpre, qu’adoucit néanmoins son statut de responsable à l’ « École » du camp ; position qui lui évite les kommandos de travailleurs quasi esclaves dont les patrons de PME locales usent et abusent. De ces douze mois, Bost nous donne une vision rêche et sèche, poncée de tout humanisme héroïque et de roublardises picaresques (plus proche du Bouquet de Calet que du Caporal épinglé de Perret) : un « sous-sol de la vie », « un vide [...] que chacun ne peut meubler qu’avec l’écho de sa propre voix ». En un an de camp, Bost voit la mue opérer : certitudes et apparat, tout tombe en peaux mortes. On devient laid, triste, sale. Pas de leçons, ni d’arrière-monde : « Le sordide n’est que sordide. » Angle mort de la vie où rien de vrai n’accroche, où l’artifice règne à plein. Reste, dans cet état de dégradé-dégradant, à s’observer, rouages au vent : croyances, convictions, certitudes, rêves. Les cogitations d’un demi-mort : « L’univers marche, et de son bon pas, sans plus m’entraîner avec lui. Je ne fais rien, je ne sais rien, je ne suis rien. » Une période nulle que ponctuent quelques trous : on enterre un camarade, un autre devient fou. S’en vient la quille, pour raison de santé. Le prisonnier Bost sort du tiroir et ce sera sans morale à l’histoire : « Notre expérience ne nous aura rien appris, ou pas grand’chose...le prisonnier qui a eu faim ne regardera pas d’un autre œil les soupes populaires, sinon pour se rappeler qu’il a eu faim, et se réjouir de n’avoir plus faim. » Fermez le ban.

Presse

Ni témoignage ni journal, Un an dans un tiroir est le revers métaphysique et glacial des tableaux pittoresques de le vie des prisonniers de guerre.
Olivier Cariguel, Le Magazine Littéraire, Juillet/Août 2010

Bost constate avec amertume que la guerre ne tranforme pas les hommes, elle consacre leur médiocrité originelle et leur égoïsme.

Frédéric Chef, Les Amis de l'Ardenne, avril 2010.

Une méditation sobre, dépourvue de pathos (…) Ce texte, suite de pensées et de réflexions, retient par sa sobriété.
P-L Moudenc, Rivarol, 12 mars 2010

Le texte d'un homme élégant, sans grandes illusions sur le monde et les hommes, sans concessions inutiles, mais sans jugement non plus ; le texte d'un observateur lucide, lointain héritier de Montaigne.
Marie-Paule Claire, Parutions.com, 5 mars 2010

Pierre Bost, L’impatience et la révolte
 Le tiroir étant une couchette en châlit de 1,81 m de long, 70 cm de large et 63 cm de haut -  une alvéole superposée à d’autres identiques alvéoles de ses compagnons du Stalag I-A.
 Michel Boissard, Biblinimes, 7 mars 2010

Aucune leçon n'est à tirer de cette expérience triste et sale, marquée, malgré la promiscuité et le temps de gamberger, par le vide sidérant.
Robert Colonna d'Istria, Corsica, février 2010

La langue dénervée racle la conscience ; l'absence d'illusion fait vasciller de page en page. Soixante-cinq ans après sa parution, son texte coupe les jambes.
Nicolas Ungemuth, Le Figaro magazine, 13 février 2010

Sans effet, Pierre Bost montre comment l'atmosphère d'un camp bascule, comment le monde se transforme en arrière monde et comment cette vie réduite fait oublier celle d'avant que l'on croyait trop grande.
Laurent Lemire, L'Agitateur d'idées, 5 février 2010

Stoïcien désabusé, hédoniste sans joie, sage sans perspective ? C'est le sentiment qui domine à cette lecture âpre, forte comme un café très serré.
Bruno Frappat, La Croix, 21 janvier 2010