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D'ISERE Bill
Teddy le Kosovar

D’Isere qu’il dit qu’il est, ce drôle de Bill ! Il peut être d’où il veut, on s’en moque, c’est quelqu’un qui vous les plante profond, les crocs dans le bulbe, et dont la littérature ne vous lâche pas avant la dernière goutte. La preuve avec cette première rafale : Teddy le Kosovar, plus grizzly que bear le Teddy, fameux pour avoir chapardé un mahousse magot, quinze millions. Sans bruit, sans violence et sans haine. On rembobine et ça repart ! Tout commence avec maman, une fille-mère albanaise exfiltrée, clandestine livrée en vrac dans un container, à la réception un Kistouch, entendez Phil, chemisier à la manque, qui remet la dame aux autorités. L’enfant naît à l’hôpital, grandit Michel-Mirosh dans la banlieue de Lyon, entre salles de classe et terrain vague, préau et Gitans. Survient l’enfer : un beau-père qui veut faire leur bonheur. Maladie sans lendemain, on se rassure, car revoilà la déviance joyeuse, mais également le centre de redressement dont Michel entreprend de percer le coffre du dirlo, une boîte à biscuits sans lingots, ô folle enfance, mais pleine de carnets de notes : déception. Punition : aide-démanteleur du réseau ferré. Ça forme et c’est en plein air, un rêve ! Mouais. S’enchaînent ensuite toutes sortes d’activités enrichissantes : de videur de palettes en supermarché à expéditionnaire de fâcheux pour baloches le week-end. Tout ça pour se bâtir un confort de gagne-petit, fragile et menacé. Donc nécessité de passer la troisième, et là survient l’idée, la vraie, la seule, la grande : devenir convoyeur mais pour fondre sur les fonds comme aigle albanais sur l’agnelet d’alpage, l’occasion de ruse surfine et de l’assomption, enfin, du Teddy dans l’Olympe des braqueurs ! À déguster, donc, entre Dard et Audiard, la geste de Teddy l’albanais, long en bouche et tonique en diable, bonne régalade !

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COUTURIER Hélène
Il était combien de fois

Tiraillée entre la culpabilité de l’infidélité et la monotonie de la fidélité, Mathilde a toujours beaucoup menti. Aussi, quand son compagnon lui demande combien de fois elle l’a trompé, elle continue de mentir. Mais la question a jeté un gros froid et après un brutal et sarcastique règlement de comptes façon radiographie du couple, son compagnon la quitte. Elle pourrait s’effondrer. Elle devrait. Mais elle décide – histoire de ne pas ressembler à une femme fraîchement larguée – de sortir dans la ville. Mathilde a toujours aimé les nuits barcelonaises et les bars et la fête et elle pense que cinquante ans est l’âge où tout est permis. À travers une succession de rencontres curieuses oscillant entre tragédie et comédie (un dealeur pakistanais, un rasta au crâne rasé et un Israélien altermondialiste) se dessinent deux portraits, celui d’une femme qui veut continuer de rester propriétaire de ses envies et celui d’une ville qui la nuit venue se mue en un vaste terrain de jeux pour adultes. Entre conte et mécomptes, vertiges et marivaudage, Hélène Couturier nous livre, via la fièvre de ce monologue sauvage aussi drôle que grave, une vue en coupe de nos amours contemporaines.  

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