Catalogue livres

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Ouvrages dont l'auteur commence par la lettre : J


JONCOUR Serge
Vu

"Il n'y a qu'eux pour être comme ça, des porte-malheur ambulants, des parapoisses. Des chasseurs d'or gris où le pépin vaut pour la pépite. Eux, ce sont : la douairière sur son trône, le père louf, la mère et les mômes. Une famille en or pour ceux qui s'engraissent du malheur du monde. Jugez plutôt : ils ont un champ ; eh bien c'est dans ce lopin de rien que vient s'épandre un Boeing plein à craquer de victimes non consentantes. Alors par là même, les mange-mouise de l'info s'intéressent et délèguent l'Ampoule, un journaleux cameraman, pour faire le plein d'images atroces. Mais voilà, problème : la mouise, c'est comme les miracles, ça ne prévient pas et il y a des jours sans. À peine là, c'est l'accalmie : les bévues s'éclipsent, les drames ont du vague à l'âme. Que voulez-vous, quand le malheur des zincs fait le bonheur des autres, c'est tout Vu."

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JONCOUR Serge
U.V.

Une villa, sur une île, au plus fort de l’été. Un jour, un homme débarque et se présente comme l’ami de Philip. Seulement Philip n’est pas là. Il n’arrivera que demain, après-demain au pire, on ne sait pas. Et c’est là que s’opère un premier tri dans le collège des hommes : ceux qui d’emblée incommodent, et ceux qui s’installent. Celui-là s’installe, il se fond même tellement au décor qu’il s’avère vite le convive parfait, l’élément distrayant. Sur trois générations il n’en finit pas d’asseoir une sorte d’emprise, sinon de charme, au point que certains en viennent à le trouver irrésistible, et d’autres indispensable. Seul André-Pierre a décidé de se méfier. Il n’aime pas ce genre de type, balnéaire et bronzé, André-Pierre qui ne cesse de ressasser cette question : mais pourquoi Philip n’arrive-t-il pas ? Pour lui tout alimente l’inquiétude, jusqu’à cette canicule qui entête, qui échauffe les corps avant les esprits. Jamais il n’a fait aussi chaud, jamais la mer n’est apparue aussi souhaitable et haute, juste là, en bas des marches, par où Philip arrivera. Patiemment, Joncour assemble ses pièces, maîtrise le volume des cris et les sautes de calme. Highsmith rôde non loin. Chabrol rit dans le jardin d’en face.

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JOUBERT Dominique
Les Vents contraires

Dominique Joubert est poète. Il se flâne une vie lente, calme, et ne s'arrête pour écrire qu'à court de routes, à bout de sentier. Dans Les vents contraires, il se laisse glisser d'une Afrique à l'autre, et aboutit à Dakar, trois recueils de poésie et du tabac à rouler dans son bissac. Un joint convivial grillé avec un marin de fortune, ami de hasard, le propulse en prison. Trois mois ferme. Récit d'un enfermement meublé par des lectures et de rares conversations, la maladie (une otite), la guérison, le palu, la sortie. Il faut rentrer, nanti de quelques vérités de fond : « Gide est illisible en prison », l'immobilité, et puis cet axiome : « Tout acte, en prison, est un acte mystique. »

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JOUBERT Dominique
Le Chien de la Barbare

"Toute ville a sa houle. Celle de Berlin est lourde, pesante, ville au ressac épais. Joubert se laisse porter par la ville, ballotté par elle, de-ci de-là, otage du courant. C'est un petit cours de dérive lucide qui, entre Fargue et Martin, nous est donné là, en quelques pages ; les jambes se laissent faire, l'oeil est en alerte, la narine reste pensive. C'est le corps qui pense et la tête qui marche. Et toujours un chien, là, devant, qui quête quoi ? On ne sait. Lentement, l'homme qui suit le chien finit par se prendre pour lui, saisir qu'entre deux dérades rôdeuses, rien ne tranche. L'homme n'est qu'un chien des rues, il a simplement la narine plus haute et le droit aux terrasses. Un désespoir commun, à rase-pavé."

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JOURDAN Juliette
Le Choix de Juliette

La scène se passe à Tours. Tours, patrimoniale et calfeutrée ; Tours :  La Mecque de la rente fixe et du gorgeon gouleyant. Raté, brave homme : pour Juliette Jourdan, Tours c'est "La Mecque des transsexuelles". Et puisque Balzac il y a, ce que nous offre l'auteur, dans ce roman sanguin et scintillant, c'est l'"envers de (son) histoire contemporaine" : ville nocturne, louvoyante, brutale et apeurante. "Quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre" dit - on dans Nosferatu : passé d'un sexe à l'autre, d'une rive du corps à l'autre, on voit accourir de bien terribles spectres faits de regards graveleux et de gestes furieux, de désirs coups de poing et de maquillages tremblés, d'hémorragies soudaines et d'angoisses subites. Tout à refaire chaque jour, chaque heure, avec l'aide précaire de la trousse à pilules, des corps amis, proches, soumis à la même lutte. Un petit monde offert et secret, en route vers ce paradis lointain : une journée ordinaire dans une monde banal. Tour de chant, partouze ou colloque tribal, profession de foi ou confession en musique : rien jamais de définitif. Corps précaire dans l'"épouvantable douceur de la nuit", trompe- l'oeil et château de cartes. Le monde de la transsexualité au quotidien nous est ici livré par Juliette Jourdan dans un roman où le souci de témoigner s'épanouit dans le  "mentir-vrai" du récit : "J'ai pensé : c'est donc ça ma vie ? Je ne la vis pas ; ce n'est que du temps qui passe en moi. Pourquoi ?" Dont acte.

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