Catalogue livres

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Ouvrages dont l'auteur commence par la lettre : L


LACOCHE Philippe
Le Pêcheur de nuages

A partir de 14 ans. Les Uns, les autres, ce sont des enfants et des adolescents aux prises avec les réalités sociales de leur temps. Leurs histoires donnent des romans ouverts sur le monde pour adolescents. Antoine, 14 ans, vient passer ses vacances en Champagne chez ses grands-parents. Il y retrouve son cousin Simon, 16 ans. Le défi de l'été : capturer un énorme brochet de 12 kilos qui fait régner la terreur dans la rivière de la région. Un véritable monstre ! Qui casse les lignes les plus solides, gobe grenouilles et canetons, sidère tous ses poursuivants par son intelligence presqu'humaine. Et puis il y a la belle Solange, dont Simon tombe éperdumment amoureux ... Un roman proche de la fable évoquant en filigrane l'enfance qui s'efface pour laisser place à l'âge adulte.

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LACOCHE Philippe
Des petits bals sans importance

Rico est là, sous la dalle, au cimetière. Son visage de gitan dégaine un sourire grinçant sur la photo de l'ovale sépia qui orne sa tombe. Rico est mort. Mais de quoi au juste ? Le narrateur va mener l'enquête pour le savoir. On le suit alors pas à pas dans sa vie d'accordéoniste de bal musette au coeur des années soixante-dix, dans la Picardie profonde. Une vie émaillée de regrets amers.

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LALUMIÈRE Jean-Claude
Comme un karatéka belge qui fait du cinéma

Rescapé de plusieurs redoutables théâtres d’opérations tels que la bureaucratie diplomatique (Le Front russe) ou le tourisme culturel itinérant (La Campagne de France), Jean-Claude Lalumière se risque là dans un monde mouvant et incertain, celui du « Paris, à nous deux ! » d’un jeune « apatride social » se sentant mal décrassé de sa campagne et avide d’une grande percée en terre parisienne. Alors, moteur ! Le héros, un gars de Macau en Médoc, fils d’un ouvrier viticole, survivant entre un frère apprenti garagiste et une mère cruciverbiste et méritante, décide un beau jour de déserter les chais pour les sunlights, de monter à Paris, riche de ses seuls yeux fiévreux de jeune cinéphile. Là, il remplit la hotte, vendangeant tout ce qui pousse en matière de culture. Mais la ville a « sur [ses] économies l’effet du soleil sur la cire des ailes d’Icare » et la grande percée n’arrive pas. D’où manœuvre de repli dans une galerie d’art contemporain où il devient l’homme à tout faire de Monsieur Henry et le spectateur sceptique des « événements » artistiques les plus effervescents. Mais rien n’y fait, pas même son mariage avec la bourgeoise Anne-Sophie, et une permanente mélancolie poisse le quotidien de notre homme. Quand soudain ! un trajet pour le bar du Lutetia prend des allures de chemin de Damas. Il y percute en effet rien de moins que Jean-Claude Van Damme. Barricadé derrière sa bière, il assiste à Van Damme prophète et bonimenteur. Révélation. Un périple romanesque que clôt le pèlerinage aux sources d’un voyage en Médoc entre retrouvailles avec le frère, cendres du père et vaticinations de la mère. Entre roman d’initiation balzacien et film d’une vie rêvée. Dans la vie, le super 8 se gonfle rarement en 35. Chacun son format, telle est la leçon que semble nous souffler, pour son troisième roman, Jean-Claude Lalumière.

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LALUMIÈRE Jean-Claude
Le Front russe

Le grain de sable, on croit le connaître, mais il peut prendre bien des aspects. Celui qui vient soudainement gripper la carrière de fonctionnaire diplomatique, benoîte et prévisible, du héros du Front russe, formé à l’exotisme par une lecture méticuleuse de Géo, adopte celle d’un attaché-case. Grande chose noire et anguleuse, cadeau de maman. À l’heure de l’entrée en fonctions, un chef de service vient y donner du genou. En découle une lésion au front assortie d’une mutation sèche, aux confins de l’empire, sur le « front russe », service voué au « pays en voie de création – section Europe de l’Est et Sibérie ». Usant de cette officine diplomatique (située dans le néo-XIIIe, « sorte de Broadway faussement high-tech ») comme base opérationnelle, notre homme va répondre à une rare vocation de gaffeur lunaire et de planificateur de catastrophes, plus désopilantes les unes que les autres, qui renforceront l’exil de notre homme sur le « front russe », entre Boutinot, le chef de service, Aline, fugace maîtresse et quelques collègues improbables. Notre homme, frustré dans son désir d’horizon (« J’avais l’impression d’être loin sans être ailleurs »), se résignera à ce bout de quai qu’est sa carrière de fonctionnaire (« Je vis et il ne se passe rien »). Mot de la fin, signé du même : « L’histoire d’une vie, c’est toujours l’histoire d’un échec ». Le livre, lui, est une vraie réussite… Rire garanti…

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LALUMIÈRE Jean-Claude
La Campagne de France

Nous avions donc laissé Jean-Claude Lalumière en proie aux entrelacs et aléas de la bureaucratie diplomatique sur Le Front russe qui, comme chacun le sait, campe dans le XIIIe arrondissement de Paris. Avec La Campagne de France, retour aux terroirs gaulois et à un théâtre des opérations subi dans les affres par Alexandre et Otto, deux militants ardents de la « Drôle de guerre » culturelle, apôtres souffrant du culturalisme, itinérants, bref, patrons de Cultibus. Ou comment, forts d’un bus d’occasion marchant au colza, imbiber de culture une escouade de douze Luziens activement retraités (le retraité actif étant au voyagiste culturel ce que le baigneur est à la méduse : une manne !). Mais là les deux fantassins de l’escale lettrée (de Mauriac à Dany Boon, avec crochet par Oradour et pause en Limousin giralducien) se doivent de composer avec un panel redoutable : germanophobie ancien-combattante, surdité, pédantisme automobile, virevolte amoureuse, lubie de dernière heure qui impose un détour par une usine de bonbons et une descente au Musée de la pomme tapée, piquet de grève laitier, etc. Et il faudra bien la « Mustaphette » de Josy la Frite et son accorte tablée pour redoper le moral en berne de la troupe débandée. Les voyagistes culturels seraient-ils, à l’image des pères de famille, les ultimes aventuriers du monde moderne ? La réponse avec cette symphonie pathétique pour douze retraités, un bus et quelques illusions perdues.

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LAPORTE René
Hôtel de la solitude

Avoir la tête ailleurs, condition, dit-on, de toute poésie, mais fatale, parfois, aux poètes. Dont acte avec le Toulousain René Laporte (1905-1954), fauché par une voiture en plein Paris et que le Dilettante arrache aujourd’hui au «?charnier des recalés de l’histoire littéraire?», rééditant avec une préface de François Ouellet son Hôtel de la solitude paru chez Julliard en 1944. D’origine bourgeoise, il entre vite en poésie, ouvrant ses Cahiers libres aux surréalistes dès 1924, courant dont l’influence marque ses premiers romans?: Le Dîner chez Olga (1927), La Part du feu (1935). Haut fonctionnaire de l’information, Laporte, dans les années trente, révoque le pur jeu poétique pour politiser son œuvre littéraire, en faire un témoignage contre la crue montant des régimes totalitaires. En témoigne «?La Journée du 8?mars?», poème terrible sur la remilitarisation de la Rhénanie. Résistant actif (on lui a confié la surveillance de l’antenne pro-allemande de Radio Monte-Carlo), il fait de sa maison de la place du Barri, à Antibes, un pôle d’activités clandestines et de survie littéraire, y accueillant Breton, les Aragon, Ponge, Éluard, d’autres. «?Il n’y a pas d’oubliettes/au château du roi René?» écrira Jacques Prévert. C’est un écrivain en pleine phase de reconnaissance publique qui décède d’un traumatisme crânien le 1er?mars 1954. Écrit en 1942, Hôtel de la solitude nous entraîne dans le sillage de Jérôme Bourdaine, scintillant chevau-léger de l’après-guerre, qui élit comme ermitage pour sa rêverie un singulier hôtel de La Turbie, sur la Côte d’Azur. Monde sous cloche, asile hors du temps aux murs calligraphiés de versets coraniques, lieu mental gardé par un couple d’êtres bonasses et affairés, les Barca, heureux d’invoquer les ombres chamarrées, fantômes 1900 qui firent la gloire du lieu. Survient alors, au cœur de cet asile de jour pour cœur en vrille, une Nadja longue et fine répondant au nom de Mme?Zoya Sernitch, belle flanquée d’un époux cocasse aux tressautements de souris chauve. Idylle alors de s’ébaucher entre Jérôme et Zoya et ce parmi les ruines antiques qui ornent le lieu. Un ballet d’ombres lasses et de cœurs fringants qui s’évanouira au matin, romance sans lendemain. Entre trouble modianesque et griserie à la Mandiargues, chambre vous est donc retenue à ?l’Hôtel de la solitude,? calme assuré et vue sur les songes.

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LASCANO-TEGUI Vicomte de
Élégance des temps endormis

"Quid ? Emilio de Lascano-Tegui, baptisé vicomte par la fantaisie d'une dame, écrivain, journaliste, conservateur de musée, consul, copinant avec Apollinaire, Salmon, Pablo…, enterré le 14 avril 1966. Alors donc, quelle élégance pour ces temps endormis ? Sous ce titre (paru chez Fourcade le 1er avril 1930) qui fleure la poussière fade se dissimule une subtile machine à détraquer le temps, piège fatal où la durée se débat comme un tigre sous un filet. Voici donc quelques masques surgis crus de la nuit, inoubliés : Raymond, l'ex-curé, ci-devant cocher, champion au jeu de fouette-mémoire ; Osvald, tardif transsexuel ; Mme Salvadores, amie de l'impératrice Eugénie ; Moreau, l'étalon des bordels coloniaux… Pailletant le tout, quelques aphorismes à la gravité farcesque : « Le Moyen Âge, c'est l'enfance d'un orphelin », « La masturbation en a fini avec les demi-dieux »…"

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LEACOCK Stephen
L'Île de la tentation

Ecce Leacock ! Bien connu de nos services pour une prouesse majeure : faire rire dans sa loge, aux éclats et de façon inextinguible, Groucho Marx lui-même. Outre cela une fouille approfondie ne révèle rien de suspect (et c’est cela qui est suspect, très suspect !) : canadien anglais, spécialiste d’histoire et d’économie, fort grand lecteur et biographe de Dickens et Twain. Ce maître humoriste (comme il y a des maîtres espions ou des maîtres queux), cet agent infiltré des puissances de l’absurde excelle, comme le montrent les six nouvelles rassemblées là, à susciter pataquès, bourdes logiques, conflagrations burlesques, pastiches ravageurs. Qu’on en juge : une idylle de naufragés parachevée par un sauvetage en yacht, un affaissement sentimental que pallient les nombreux zéros d’un héritage providentiel, une possible fronde de la tribu des Wazoos fait chanceler le trône d’Angleterre, une romance tragique dans l’âpre décor écossais (en fait du Walter Scott avec un faux nez). On clôt le tout à l’aide d’un roman russe revu par Benny Hill et d’une love story troubadour. Et si la méthode vous manque, sachez que Leacock a conçu un discours de la méthode euphorique : Humour, sa théorie et sa technique (1935). Beau comme du Bergson, le pur malt en plus.

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LEACOCK Stephen
Le Plombier kidnappé

Cela s’appelle mettre ses pieds sur la table, la table familiale dignement servie lors de l’anniversaire de l’aïeul, s’épousseter les chausses avec la nappe d’autel de la messe littéraire ou pousser Victoria dans les orties. C’est selon. Ce punk hilare de Leacock jongle, plein d’une roborative malice, avec ces bijoux de famille que sont « les bonnes vieilles histoires », ces « Tales » inoxydables, codifiées des guêtres au pince-nez, modèle d’imprévision distinguée et délices du circuit fléché. Il vous ébouriffe tout cela et taille le caniche au sécateur, Harpo Marx avec une perruque de juge. C’est Holmes travesti en chien qui ouvre la marche, lui emboîte la pipe, une valse décalée de guéridons parapsychiques, une pochade vernienne à base de naufrage, le mystère de la chaudière éteinte, une histoire de la guerre de Sécession, un imputrescible récit de frissons et de manoir en T et affaires de familles. Beau comme la rencontre prévisible sur un green de Gladstone et King Kong.

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LENNER Anne
Cahin-caha

Lui, c’est la Tremblote : « pantin assis sur une gégène invisible », handicapé moteur majeur, les moelles en fuite et des gestes à la syntaxe absente. Autour de lui, outre maman, Chloé la sœur piercée à mort, Lulu l’ami et Elsa la toubib avec sa thèse manuscrite, un aréopage de corps en souffrance. A l’école, le freak subit assauts, coups bas, mais tient néanmoins, cramponné à sa souffrance comme à la planche pourrie d’un radeau. Survient le pire : tabassage en règle dans les gogues du lycée. Le freak, alors, se vote la mort. Et il cherche comment. Option pilule en ouverture de bal : échec. De retour à la case scolaire, son pote Lulu lui offre alors la rédemption par le camp d’été. Feu vert de la mère. Départ et désillusion : lieu morose et atmosphère plutôt rude : le poney-club a goût de crottin, la virée au centre commercial une allure d’arnaque. Seul le bain aura saveur et portera leçon, accompagné d’une petite fugue hors de la routine estivale. Puis, peu à peu, une sérénité vient, qui gagne, croît et aplanit et comble cette vie-ornière. La Tremblote se sentira pousser des jarrets de centaures et venir un corps d’ébloui. Histoire lente d’une reconquête que rythment les mots lourds du blues, ainsi va la Tremblote d'Anne Lenner, mort de corps, fort de mots.

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LENNER Anne
Ça va trop vite

On vous aura prévenu : cela va aller vite, et même bien trop. On détaille. La durée : trente ans, mais en trombe. Lieu quasi unique : le Bocal, une cité aquarium banlieusarde, toute de béton opaque, bien complète de sa faune étrange. Le héros, l’avorton raclure au mental pourri de rêveries yankees qui nous narre sa saga a tout du local lambda : père turfiste dingue, mère au foyer, grand frère « trois F : frime, filles et fringues ». Et l’on n’oublie pas Nadia, donneuse de joie. Ses débuts dans la vie, il les fait à coups de trafic de clopes, ce jusqu’au jour où il rencontre Lacrymo, le dealer. Alors là : choc ! révélation ! L’homme est albinos, semblant « le fruit des amours du lapin d’Alice et du chapelier fou ». Après une prise de contact plutôt rêche, notre héros, rebaptisé Epsilon, devient le bras droit de ce « Proust de la schnouf » : deal au quotidien pimenté de menus larcins. Les choses prospèrent, mais se corsent le jour où notre héros dénonce son frère à Lacrymo, qui renvoie la balle. Et son frère d’offrir Nadia la gagneuse à son club d’amis. L’affaire prend vite les proportions d’une poubelle, celle dans laquelle on retrouvera à l’aube la viande du grand frère allégé de sa mâchoire. Epsilon n’en continuera pas moins à tailler dans la vie sa trajectoire de teigneux : junkie un jour, dealer le lendemain, star de la variété le surlendemain. Rail de paillettes, ligne de strass. Pour clore cette dopante virée en zigzag, retour à la case Bocal avec suspense final infernal. Alors tout le monde en piste pour ce Scarface version Paris Nord, ou quand Tony Montana se la joue 9-3. Shake your booty !

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LENNER Anne
L'Âme soeur

C’est Vialatte, en exergue, qui ouvre le bal et donne le ton : solitaire enfance nez-en-l’air et pailletée de magie propice, d’épopées à construire soi-même et de songes aussi creux que l’arbre aux fées. Angèle porte bien son nom : fille, entre ciel et terre, de Français basés en Afrique, adonnée, entre le boy De Gaulle et la chienne Béribéri, à titiller les sensitives, scruter au télescope le cosmos étoilé ou la vie des voisins, elle voit un beau jour un autre ange la rejoindre. Celui-ci descend du courrier postal et se nomme Gloria, fillette africaine que viennent d’adopter ses parents. Vite, le conflit s’ouvre, s’affirme « le plaisir de se détester ». Enjeux parmi d’autres : la boîte à gâteaux ou le fauteuil de lecture ; blitzkrieg faite de confiture glissée dans les chaussons et de rosseries futées. Mais c’est la cure magique d’une providentielle panne d’inspiration de Georges Dufresnes, le père, qui servira à « enterrer la hache de guerre » et à nouer entre les deux gamines un pacte fantasque,  fait de magie pratique et de travaux manuels. Petit troc de sortilèges qui n’arrivera pas à rendre son cliquetis à la machine à écrire paternelle. Anne Lenner nous tend pour goûter un ultime Fruit du Congo. À mordre sans crainte.

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