Catalogue livres

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Ouvrages dont l'auteur commence par la lettre : T


TANGUY Yves
Lettres de loin

"L'Yvre Tanguy, dès 1939, partit ricain avec Kay Sage, sa femme peintre. Pendant seize ans, il écrivit à Marcel Jean depuis Town Farm, Connecticut : liasse amicale faite de rosses petites bafouilles ou de lettres plus longues, rudes, inquiètes ou rigolardes. L'homme s'y raconte, en vrac : Kay sa femme, son chevalet qui tremble un peu trop, sa Ford bleu tendre, ses lunettes d'écaille. Il évoque son galeriste Pierre Matisse, ses amis restés à quai en vieille Europe, Prévert, Masson, Max Ernst. L'immigration surréaliste éparse traverse ses mots à la va-vite. Mais Tanguy s'en fout. Il est loin ; il peint ; il boit. La dernière lettre, un télégramme de Kay daté du 16 janvier 1955 : ce jour-là, au matin, Tanguy est mort."

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TAVARD Guillaume
Le Petit grain de café argenté

Londres n’est pas vraiment triste et j’ai lu toutes les annonces d’emploi, nous déclare Guillaume Tavard. Bilan de l’affaire, et grâce à cet espagnol de Pedro, il débarque chez Fresh, Mondiale de sandwicherie, délice du bobo bio. Et là le rêve freshit : routine, fatigue, ennui malgré la convivialité et la fraîcheur du concombre. Entre promo, pointeuse et grand-messe d’entreprise. Par chance, reste le plaisir des pubs, source de défoulement. Et puis tout repart avec les « Baristas » ou l’art de débiter de l’expresso par pleines cartouchières, la pépite au cou d’un grain de café argenté pour toute récompense. Le tout s’achèvera sur un dernier café, serré à souhait, et un départ en gare de Waterloo, une gare garantie sans buffet. Une saison crispante au purgatoire du déjeuner minute : mille sandwiches et quat’ cents coups. Cette vie d’un jeune prolétaire rivé aux feux de la rampe d’une cafétéria londonienne se révèle tout en dialogues et en finesse.

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TESSARECH Bruno
La Galette des rois

Cette Galette des rois, que Tessarech tranche finement en de minces chapitres, nous narre par le menu les tribulations d'Antoine, un autre « nègre », placide et bénévole, engagé dans la tapisserie sans fin des Chroniques de Godefroi de Bouillon, et servant avec une douloureuse et sourcilleuse probité de plume de paille à un sien ami, nom : Maxime Chazelas piaffant poulain des haras ministériels et aussi avide d'obstacles à avaler que de reconnaissance et d'honneurs à recevoir. Dans le grand manège politique, Maxime le yearling effectue pas de deux, cabrioles, courbettes et numéros de haute école, Antoine est là, qui veille au grain, le bouchonne, l'aiguillonne, le rafraîchit. Tout cela plein d'une morgue souriante et désabusée. Alors cette galette ? Eh bien à trop vouloir se partager le fade et croustillant gâteau du pouvoir, à vouloir être le roi, on finit par perdre de vue la fève, à l'avaler par mégarde. Qu'est-ce que la politique mes beaux amis ? Une galette sans fève à qui il manque la pâte. Dont acte.

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THEVENON Patrick
Le Palais de la Découverte

Deux fables qui oscillent entre le cocasse et la morale, pour nous remonter le moral. La première, récit de science-fiction, dépeint un Paris envahi par des clones soumis par la grâce de l'uniformisation génétique d'un pouvoir philanthropique (vraiment ?). La seconde prend la forme d'une pochade macabre où le narrateur, le temps d'une délectable introspection, se cherche un suicide épanouissant.

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TILLINAC Denis
Boulevards des Maréchaux

Ces maréchaux-là limitent leur prestance au blanc bleu de panneaux émaillés. C'est d'un PC qui s'attrape à la périphérie de Paris, au fil des boulevards de ceinture, d'un PC qui vous bahute, au fil de ses bus, d'une porte à l'autre, qu'il s'agit ici. D'une petite ceinture qu'on fait à pattes, façon Tillinac. Tout commence (et finira) porte Dorée où Mars, le dieu porte-lance, veille sur ses collègues les fétiches africains du MAOA. C'est là qu'a poussé, veillé par les lions Daumesnil, le corrézien Tillinac. C'est de là qu'il part pour égrener les portes qui sont un peu les heures du cadran parisien. Et on le suit, au fil de sa dérade, de bistrots en souvenirs, de tombes en coin de rues, bercé par les arrêts obligatoires et le babil des picoleurs ou l'œil inquiet des passantes. À chaque étape, le maréchal surgit de sa plaque comme un djinn du flacon et l'on suit la parade comme une passe de ballon ovale ou de témoin ému : Soult passe à Davout qui passe à Sérurier qui passe à Macdonald qui donne à Bessières. Ça n'est plus Austerlitz mais la Voulte-Montchanin. Du jeu à 13 revu 1815. Retourné à la case départ, Tillinac nous livrera les raisons de son pèlerinage impérial et circulaire, de sa revue de détail des brandebourgs de la mémoire. Pour le savoir, suivons-le. Route !

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TILLMAN Lynne
Le Complexe de madame Réalisme

Venez, approchez donc lecteur ! Et penchons-nous par-dessus l’épaule de l’écrivain. Le prendre en pleine cuisine et gestation littéraire amuse toujours. Le petit castelet est prêt où vont tressauter, en bout de fil, ses personnages. Il s’agit ici d’une anthologie de nouvelles signée Lynne Tillman, petits bijoux polis entre 1982 et 2002. Il n’y a pas qu’une prévisible méditation sur l’acte de créer et l’art d’accommoder les sauces langagières mais une volonté, également, de lâcher la bride à toute cette marmaille de figures. L’auteur, avec humour et délicatesse, se retire parfois sur la pointe des pieds laissant ses personnages, les abandonnant sans filet à la mort. Elle les observe pèleriner sur les plages du Débarquement, songer à la mémoire, et ne peut s’empêcher de savourer une rencontre impromptue avec Clint Eastwood… sans complexe.

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