Catalogue livres

Tous les livres # / A / B / C / D / E / F / G / H / I / J / K / L / M / N / O / P / Q / R / S / T / U / V / W / X / Y / Z


Ouvrages dont l'auteur commence par la lettre : V


VALET Paul
Paroxysmes

"Dès 1949, Henri Michaux attire l'attention sur Paul Valet, médecin à Vitry, banlieue ouvrière. Confronté à la misère et à la détresse, au drame et à la solitude, Valet nous livre une poésie en guerre : contre l'humain, contre la langue. Le poème est une balafre continuelle ; ainsi que le dit Pascal Pia : « Paul Valet distille de l'eau d'arquebuse. » Cette poésie maquisarde brille d'une révolte nue. Valet est un ascète du Non, un homme-contre."

En savoir +
VAN ACKER Christine
Ici

Ici, l’« Ici » majuscule de Christine Van Acker, n’est pas le « là » de tout le monde, un lieu-dit parmi d’autres, c’est son lopin d’élection. Un village à l’écart où elle réside dans l’ancien « café de la jeunesse ». En rupture de ville, elle a choisi la campagne pour passer de l’urbanisme à l’urbanité, de la grisaille planifiée à la bienveillance spontanée, du dernier cri aux gens du cru. Ce qu’elle nous dit là d’Ici est un herbier d’impressions émues, une collecte de sentiments vifs et saillies brèves éprouvés par un couple de citadins immergés dans une ruralité accueillante. Un couple, néanmoins toujours entre deux mondes, pris entre les visites de ceux de « là-bas », la ville au loin, et la découverte de ceux d’Ici, devenus la fratrie quotidienne. « Chez ces gens-là », on ne triche pas trop, on « se balade peu », on rend service, on boit dru et on pisse raide, on vit selon. Il y a Albert qui chôme comme il respire, la horde des « barakis » repliée dans son repaire barbare, les voisins, les arbres, le ciel, le cimetière et les sentiers. Il y a même « la descente de la mort qui tue ». Mais l’hôte majeur, c’est le temps et cette quatrième aiguille, figée, de l’horloge : l’ennui. Car, qu’on le veuille ou non, l’ennui est à la campagne ce que le stress est à la ville, et Christine Van Acker, au fil de ces feuillets regroupés d’une néorurale, se livre à une patiente analyse de la perception du temps : « grosse bouchée qui ne veut pas passer », cette « pelote que même le chat ne remarque plus », le temps collé à la tempe pour la « roulette russe d’une journée à vivre, ou non ». Alors bienvenue « Ici » où « nul ne pourrait dire qui, du vivant ou du mort, est le voisin de l’autre ».

En savoir +
VEDRÈS Nicole
Microclimats

Chaque mois, librement, curieusement, Nicole Vedrès se choisit un amant. Des amants d'une fois, qu'il lui faut circonscrire, soupeser puis croquer crus. Des amants consentants qui sont les sujets chaque mois changeants de ses chroniques du Mercure de France : Barthes ou Friedmann, Comte ou l'Abbé Pierre, Paris, Balzac ou Fantômas. Petit choix intime où se noue le propos, se règle une optique intellectuelle et s'orchestrent coups de griffes mérités et chatteries méditées. Une manière de hasard où le sujet n'est jamais donné mais trouvé, hasardé. Des « lettres anonymes qu'elle s'envoie à elle-même », des portraits qui se décantent en auto-portraits, des croquis où le paysage mûrit en miroir. Le souvenir de Calet défunt inaugure cette étagère sans ostentation, cette parade des émois sincères. Un Calet qui vient de nous quitter, contraignant la romancière à faire un billet nécrologique d'une lettre amicale ; Calet qui s'en reviendra, plus loin dans le livre, à la faveur d'un autre hommage où l'amitié la plus intense peine à faire plier la douleur. Puis viennent des souvenirs de Paris et l'apparition de ce gentleman du braquet qu'est Bobet (Louison). Par instant, c'est une petite phrase de Balzac ou un gag téléphonique qui déclenche sèchement, rire ou stupeur, le petit flux méditatif. Car tout tient, chez Vedrès, dans ce mélange de ténuité et de fermeté, cette pose trop sage de la voix qui amène, soudain, avec une habileté de kleptomane, des souffrances impromptues, des déséquilibres fatals. Nicole Vedrès chronique comme on chine, en flânant, l'œil ouvert, la main fureteuse. Tout lui fait chronique, subrepticement, fatalement, mais toujours savoureusement.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
Le Fluide rouge

in-16 br., édition originale, exemplaire hors commerce sur vergé (seul grand papier), non coupé.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
Dires étonnants des astrologues

"L'homme, on le sait, est obsédé par la fuite du temps. Voici donc le portrait-robot des douze mois les plus recherchés. Mars, son âme retour du pressing, se risque au-dehors. Il scrute les oiseaux se concocter un nid. Triste Avril, où tout est vrai, sérieux. Mai, le tauromachique, le polygame. Chaleur de Juin, mois où l'on disparaît dans l'épaisseur du sol pour y fuir la canicule, et, plus encore, celle d'Août… Novembre s'orne d'un pharmacien ; Décembre meurt en mer. Janvier, mois en haine, se terre en famille aux confins d'épaisses futaies. Enfin, Février le suit, qui semble mou et erratique. Comme l'huître ou l'apôtre, le mois va par douze. Grâce à Vialatte, il n'est plus haïssable !"

En savoir +
VIALATTE Alexandre
L'Oiseau du mois

"Vialatte est inextinguible. Il narre par le menu des faits divers piquants à base d'hommes ternes et de chiens savants, de bric-à-brac et d'antiquités tardives. Le monde qui en découle est un grenier dans la rue où la main agrippe ce qu'a promis le rêve éveillé. Pour lors, l'année est un perchoir à étages, une volière chaotique. Janvier est le mois du Pic-Vert, marteau piqueur des troncs. Février, du Corbeau, qui raffole des potences et de la dignité. La Chauve-Souris se heurte en mars aux voûtes des châteaux ruinés. L'oiseau d'avril, c'est l'Auvergnat dur au froid, lyrique, sociable et aventureux. Le ciel de mai voit passer la Sorcière, qui cingle vers l'Allemagne pour pique-niquer avec le diable. Puis ce sont la Chaisière, l'Oiseau de malheur, l'Oiseau rare, l'Oiseau de Gripschitz ; l'aile de Bœuf est un des bons morceaux de ce volatile émouvant et laborieux."

En savoir +
VIALATTE Alexandre
La Complainte des enfants frivoles

Cette complainte à multiples couplets que nous fredonne cet enfant frivole de Vialatte est un lâcher de senteurs : effluve de l'encre, parfum de l'éponge, odeurs de préau. Vialatte vous vend la fragrance du passé dans un grand flacon qui a la forme d'un pupitre. Son âge d'or est fait de rentrées des classes, d'automnes à recoins mystiques où se troquent de minces secrets enrobés dans du papier d'argent, de pèlerines à l'abri desquelles se trament les contrebandes enchantées de l'enfance. Vialatte n'a jamais réellement déserté le préau aux sortilèges et cette complainte qu'il moud tel un très vieil orgue de barbarie sonne comme une récréation éternelle.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
Au coin du désert

Qu’est-ce que l’Égypte ? Un décor d’opérette laissé vide quelques milliers d’années le temps de confectionner son plus bel ornement : le chapeau de Napoléon. Qu’est-ce qu’une pyramide ? Un mont d’Auvergne touché par l’esprit de géométrie. Qu’est-ce qu’un mont d’Auvergne ? Le mausolée d’un dromadaire. Telles sont les vérités qu’étale à nos yeux Alexandre Vialatte, alors professeur de français au lycée franco-égyptien d’Héliopolis, dans des chroniques égyptomaniaques parues entre 1938 et 1942. Avec l’imperturbable jovialité d’un faiseur de réussite, il dépose sous nos yeux des cartes postées d’Orient. Il nous y dresse une ontologie du galabieh, un plan d’usage du Moab, y esquisse un portrait-robot du djinn, croque des fellahs, dit les gares, les routes, les fillettes et le sable. Bref, Au coin du désert ou quand l’Égypte fait la conquête d’Alexandre.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
Les Amants de Mata Hari

Les livres d’Alexandre Vialatte, tels des bonbons anciens, se laissent lentement fondre au bas de la joue, ou s’entrouvrent, « buffet de grand-mère », avec une lenteur mystique, s’inventorient avec éblouissement. Les Amants de Mata Hari participe de ce petit culte intime. On y retrouve le jeu de pistes rituel : bric-à-brac magique où les objets (ici une photo chipée dans un grenier) servent de pierres blanches, figure de femme, vraie ou rêvée, qui organise autour d’elle tout un culte adolescent, sous-bois ou coin de rue, familles, parfums. L’icône se surnomme donc là Mata Hari, belle entrevue dans les ombres d’un château « Plante du Songe » loué le temps d’un été ; belle que l’on suit, scrute, piège à distance. Les galapiats à l’affût se nomment Balèze, Potter, Lévy-pantoufle. Le rêve culminera avec la vision de la jeune femme en nudité, toute dansante auprès d’un feu. Dissipée la brume tiède des vacances, crevée la bulle des rêveries d’enfants, on retrouvera bien plus tard la Mata Hari, fanée, fripée, flapie d’alcool. Retournons donc au doux sépia des vieilles songeries, à l’intarissable limonaire des souvenirs, rien n’y meurt jamais. Vialatte ou l’argent de poche d’Orphée.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
Le Cri du canard bleu

Romans à l’enseigne du réalisme féerique et du merveilleux intimiste, nouvelles à laisser fondre sous la langue, chroniques à croquer sur place : l’arbre vialattien croule sous les saveurs et les richesses. Mais tant d’années de cueillette ne l’ont-elles pas dûment épuisé ? Y a-t-il encore à grappiller dans l’œuvre de l’Auvergnat considérable ? Que oui et le Dilettante le prouve en libérant, grâce à Pierre Vialatte, ce Cri du canard bleu préfacé par François Feer (chargé au Dilettante du département des espèces menaçantes et menacées : Bestiaire amazonien  et Les poissons sont indomptables ) qui témoigne là de son amour pour Alexandre le grand et son « chosier » délectable. Mais quid du « canard » ? Voilà. Ce Cri du canard bleu, prose de 1933, est une envie romanesque laissée à l’état d’esquisse. On y trouve Étienne, qui s’ouvre à la beauté par la voie d’affriolantes affiches où scintille « Estelle », star des « Ballets Féeriques ». Beauté que partagent également, sur un plan modeste, Amélie « la vestale des humbles marmites » et l’institutrice, Mlle Lantelme, qui lui sera ravie par la plus ravissante des folies, lui transmettant néanmoins, ultime présent, un canard bleu de Colombie, reliquat mythique de sa présence étoilante.On trouvera également, au fil du récit, ces ingrédients essentiels au merveilleux vialattien : un missionnaire gothique, un oncle à moustache, un magasin général, caverne d’Ali Baba du surnaturel quotidien, des coffrets à goûter, « une auberge de complainte et de grand vent ». Une fois de plus, à grand renfort d’étoiles saupoudrées, de plantes charmantes et d’une prose où chaque phrase semble jaillir d’un chapeau claque, Vialatte transforme, à vue, pour nous, l’Auvergne en terre de féerie. Vialatte, seigneur des anneaux… chinois, dont acte.

En savoir +
VIALATTE Alexandre
La Maison du joueur de flûte

La maison du joueur de flûte est une étonnante parabole poétique à la fois énigmatique et r igoureusement raisonnée. C’est une quête. Désemparé, étourdi, sollicité par trop de souvenirs, d’images et de questions, Alexandre Vialatte cherche minutieusement ce qu’il est, ce qu’il veut, ce qu’il peut. Ferny Besson

En savoir +
VIALATTE Alexandre
La Dame du Job

La Dame du Job fournit la clé du projet romanesque inauguré en 1942 par Le Fidèle Berger, poursuivi avec La Maison du joueur de flûte puis Les Fruits du Congo. « C’est une dame, écrivait Alexandre Vialatte à Jean Paulhan, qui fume la cigarette sur un calendrier du Job dans une auberge sur le plateau du champ de tir, près d’une petite ville de garnison. » Son image fascine deux enfants, le narrateur et Frédéric Lamourette, fils du chef de musique. Ils vont bâtir, autour de l’auberge et du champ de tir, un univers fantastique dont elle sera l’énigmatique souveraine. Un texte qui nous balade à son gré – et sans jamais vous tirer par la manche –, du naïf ciselé au fantastique des vertiges, du charme à l’angoisse, de la douceur d’un souvenir au frôlement de la mort. Pierre Lepape, Le Monde des livres Ses héros ne sont pas tout à fait de ce monde. Épris de vertige, hantés de nostalgie, ils cheminent en équilibre à l’extrême bord de la réalité. Et parfois, ils tombent, ou parfois, ils s’envolent. Gabrielle Rolin, Le Matin   Extrait:  Nous inventions de nouveaux supplices pour rendre notre culte à la Dame du Job. […] Il fallait se déchausser et traverser pieds nus le zinc brûlant de la terrasse comme ces dindons que les forains font danser sur une tôle chauffée. La Dame du Job était déesse et nous étions ses fi dèles, ses prêtres, ses martyrs éblouis.

En savoir +
VIDALIE Albert
L'Aimable Julie, Monsieur Charlot et consorts

Tiens, c’est Vidalie ! Voilà qui fait plaisir ! Et le gars du Hurepoix (où il est né), le front altier, la moustache à cinq heures moins vingt et l’air jovialement tanguant, de s’encadrer dans la porte du Dilettante, mené par le dévoué Patrice Ducher. Quelques mots sur lui, d’abord - cela fait longtemps qu’on ne l’avait vu : né à Châtillon en 1913, je n’étonnerai personne en disant qu’il est tôt orphelin de père et que ses grands-parents acceptent de l’élever. Il enfile les petits boulots arides et lit tout ce qui lui passe entre les mains, ce jusqu’en 1939, date à laquelle il est mis à fraîchir à Neusalz-auf-Oder (son stalag, son fleuve), jusqu’en 1945. Las de la discipline et du travail forcé, il opte ensuite pour la vie de plume. Jean Lescure l’ayant fait entrer à la radio au vu d’un lot de poèmes, il ouvre toutes grandes ses ailes, devenant dès lors romancier (neuf titres entre 1952 et 1968 , dont les fameux Bijoutiers du clair de lune), auteur dramatique et peaufineur de sketches, scénariste (Torticola contre Frankenberg, de Jean Paviot, avec Piccoli, Mandrin and Co pour la télé) et surtout parolier. Grâce à lui, maints loups sont entrés dans Paris (pour n’en jamais sortir) et Reggiani aura ces mots?: «?C’est l’auteur le plus important que j’aie eu la joie d’interpréter.?» Le 18 juin 1971, «?la mort brigande?» considérant que cet ami de Blondin, Fallet et Giraud, cet intime du lion de Denfert (qu’il entendit un soir rugir), en avait assez fait, signa la fin de la partie. Saluons donc son entrée dans le catalogue du Dilettante avec une tournée des grands-ducs «?contre la peur du noir?»?: on ouvre par une pochade poético-municipale (Les Rosatis à Fontenay-aux-Roses) pour enchaîner avec les affres d’un banlieusard en phase de retour au bercail. La «?petite rue triste?» qui suit manque de vous prendre dans sa nasse, et il faut bien un «?bougnat de la rue de Seine?» et Monsieur Charlot, clochard céleste, pour vous en sortir. Deux autres textes montrent Vidalie en excellent trousseur de fictions historiques. Le meilleur est à venir avec La frontière, amère chronique de la vie en stalag et du désir de liberté où Vidalie s’égale à Calet ou Hyvernaud.

En savoir +
VIDALIE Albert
Chandeleur l'artiste

Tiens revoilà Vidalie ! Mince de joie ! Sa dernière visite au Dilettante nous ramène à 2010, pour un lâcher de textes amers et rêveurs où il était question, de toi à moi et tout à trac, de bougnats lunaires, de banlieusards morfondus et de prisonniers de guerre (L’ Aimable Julie, Monsieur Charlot et consorts). Pour l’heure, avec ce Chandeleur l’artiste dédié à Antoine Blondin, l’auteur des Bijoutiers du clair de lune et parolier des Loups de Reggiani nous ramène encore au pays, à savoir en banlieue, la seule, la parisienne, avec son église kitsch, ses jardins boîtes d’allumettes, ses cafés sans fin, ses cours d’eau qui se la coulent douce et ses boutiques à tout faire. Vidalie est un auteur aux yeux pers, l’un gris, terne et plombé, l’autre tout vert, clair et pétillant, d’où cette histoire qui roule toute seule, douloureuse et crépitante saga familiale où vont bras dessus, bras dessous, rêves éveillés et espoirs déçus, frais matins et retours de nuit.  Soit les Falentaine, un clan du cru. Le père Falentaine et madame campent en Arcadie, entendez le jardin Falentaine, lieu élu, Éden modeste qu’il exploite en artiste. Quand il en écrit, Vidalie s’épanche : « Le jardin Falentaine est un bal de cour, une pavane muscadine où des papillons bleus frisent de capricieux entrelacs le jeu mourant des éventails… » C’est hors jardin que les problèmes commencent, avec les pièces rapportées : les filles Falentaine ont épousé le demi-jour et la nuit. L’une Maningue, dont l’âme pue plus que les pieds ; l’autre Chandeleur, un bohème lyrique, porté sur le rouge et l’errance, qui peint des chatons, amuse les comptoirs et dont le frère, Hector, se rêve un sang bleu. Les seconds ont fabriqué l’enfant Fanfan, mioche qui rêve d’estoc et de taille, pont d’Arcole et Pardaillan, sur la toile cirée familiale. On suivra cette petite escouade au fil d’aventures soubresautantes : vocations subites pour l’un, fausse idée du siècle pour l’autre, coups, clameurs et calomnies. Mais tout finira par des retrouvailles en comptoir et des liens ressoudés. Alors bienvenue en Vidalie, pays fougueux où les coudes se lèvent comme le soleil, avec élan et une belle régularité !

En savoir +
VILROUGE Marc
Reproduction non autorisée

Le désir d’enfant peut-il s’inscrire hors de la sexualité ? Le narrateur et sa meilleure amie, Christine, veulent y croire. Lui a la trentaine homosexuelle désabusée, elle la quarantaine célibataire encore féconde. Autant dire qu’ils n’ont pas le profil de parents modèles. Et pourtant… Pourtant, ils décident de s’unir pour la plus rocambolesque des procréations artisanales. Petits arrangements entre amis ou association de malfaiteurs ? Leur seule certitude est que leurs liens sont assez solides pour souhaiter fonder une famille, certes aux marges de ses codes et de ses lois actuelles. Pas de militantisme ici, ni de discours sur l’homoparentalité, juste l’expérience intime de deux êtres habités d’une saine et douce subversion. Marc Vilrouge nous raconte avec drôlerie et justesse les amitiés particulières et les solitudes urbaines, flux tendu d’instincts et de névroses prompts à sauter par-dessus les architectures de la raison. L'adaptation cinématographique du livre de Marc Vilrouge est en cours (réalisatrice : Pascale Bailly).

En savoir +
VILROUGE Marc
La Peau fantôme

Marc songe à Marc, aux formes, à la peau et à la voix de Marc. Marc Vilrouge déroule le soliloque poignant de qui fut l’ami de Marc Vilrouge. Mort, Marc, il y a maintes années, de la tuberculose. Une sèche déploration amoureuse cadencée en saynètes brèves, éventail d’actions courtes, affûtées, qui disent le manque, le vide froid, mais un vide sans écho, acide et qui ronge la peau. De l’amant absent pèse encore et toujours le manque, comme aux amputés les souffrances fantômes du membre tranché. Et rien qui puisse conjurer cette lacune ardente, ni la psychanalyse comme une petite messe lasse et tarifée, ni la drague violente et les heurts de rencontres, ni les retrouvailles qui disent les tendresses déconfites et le passage du temps. Rien, pas une image, pas un souffle, pour dissoudre dans un peu de lumière la marque de Marc. Marc éternellement là, en creux, vide urgent lové au cœur de la vie.

En savoir +
VILROUGE Marc
Le Livre impossible

Cela s’ouvre tel un conte : la dextre levée du père bénit l’enfant promis à de vastes destinées. Cela continue comme un cauchemar : l’enfant Flavien s’est perdu ; saisi un jour par la soudaine extase de la mort, son destin d’écrivain s’est enlisé, touche au vide comme on mord la poussière. Mais que le fils soit prodigue, les parents, qui le lisent avec difficulté, l’ignorent ; le croyant glorieux conseiller à l’Assemblée nationale. Les rails de coke sur lesquelles il roule sont friables à souhait, s’engluer dans des partouzes n’est qu’une ornière de plus, reste le GHB, « la drogue du violeur ». Il s’y love dans un coma fade, se réveille à l’HP. Et c’est pour s’arracher à ce trou de vase qu’il descend vers la ferme parentale, direction sud-ouest. Là tente de se retrésser le lien familial. Affection, bonheur de vivre : rien ne prend. La geste malade de Flavien s’arrêtera sur un choix crucial. « À quoi bon écrire, si ce n’est pour donner voix aux esprits », nous dit Marc Vilrouge, mais ce sont voix sans issue.

En savoir +