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Ouvrages dont l'auteur commence par la lettre : Y


YANOWSKI
Crimes d'ortie blanche

Mesdames et messieurs, vivants et bientôt morts, entrez, tenez-vous aux tentures, empoignez la rampe et suivez la lueur. Car c’est en bas, au fond, tout au fond. Au fond de la fosse, de la fente, de l’abîme, que nous invite à le rejoindre Yanowski. C’est depuis les outre-fonds des trous les plus infréquentables, tavernes sans néon, vagins avachis, gosiers sans rive, qu’il s’adresse à nous, pousse son brame d’histrion des Derniers Temps, déroule ses cantiques à la mort blême et entonne ses odes déchues à la pourriture fastueuse. Fondateur et animateur, avec Fred Parker, du Cirque des Mirages, il nous offre là des textes germés de la scène, nés des planches où il promène, depuis l’amorce du nouveau millénaire, sa face plâtreuse de pierrot suicidaire et ses cambrures alanguies de Des Esseintes de piano-bar. Il y est question de tout ce qui fait la mort frangine et la vie coquine?: les putains sans dents et les nuits sans lune, les christs à la trique et les zombies en troupes ; on y parle sacrilège et derniers verres, petites morts et grandes douleurs ; on y voit passer des marins à l’haleine de noyés et des avorteurs mélancoliques, des clowns cannibales et des monstres tricotés d’infamies. Alors si vous êtes encore un tantinet habités du désir d’y croire, de l’envie d’en être et du besoin de survivre, ouvrez Yanowski, il est de la race des Corbière, des Lautréamont et des Lou Reed, né souffleur de bougies et bourreau des âmes, il vous démaillotera de vos croyances au lendemain. Habillé des collages surréalistes de Lou Dubois, voilà le guide-chant de l’Apocalypse. Musique !

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YLIPE
Textes sans paroles

Quand on est de Bordeaux, comme Ylipe, qui y naît en 1936, on a le choix entre deux " Mo ", entre deux mondes : Mauriac ou Molinier. C'est sous l'étoile du second, grand perturbateur s'il en fut, qu'il va se ranger. Ces textes sans paroles le confirment assez. Ce que ce recueil prouve, c'est qu'Ylipe est un as de la sarbacane, un maître du goutte-à-goutte assassin un seigneur de la tuile tombée du toit. Ce bref carquois d'aphorismes qu'il décoche avec un mélange médité de lenteur et de sécheresse touche à tout coup. A les lire vous les sentez se ficher dans votre conscience un peu ramollie comme une épine au curare (" la réalité a les manches trop courtes ", " les mères sont des catastrophes naturelles ", ils s'insinuent dans votre col comme une perle d'eau glaciale et s'obstinent à sinuer le long de votre dos (" un gynécologue est un dentiste qui a peur d'être mordu ") ou vous entaillent le crâne (" on parle moins des crimes commis pour l'humanité " ). Ylipe est de la race des Lichtenberg et des Cravan. Loin de l'assaut frontal donné au réel et à ses désolantes caravanes de platitudes, il préfère loger les coins et les crics de ses aphorismes dans les fêlures et les manques du monde pour, ensuite, d'un coup, faire craquer l'ensemble. Il existe des écrivains incicatrisables. Ylipe en est.

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YLIPE
Sexes sans paroles

À quoi les comparer, ces aphorismes d’Ylipe ? À des gouttes d’acide, des poussières dans l’œil, des bulles au cerveau, des boutons de fièvre, des coupures au cou, des taches de vin, des chancres à la lèvre. Un peu de tout cela, c’est sûr. En tout cas, à de petites défigurations humiliantes, des rappels au désordre faits à l’homme qui se prend un peu trop à poser dans la glace bien lavée de ses certitudes glorieuses. Ylipe figure en bonne place (celle du cancre ou du crosse-en-l’air : au fond de la classe) parmi tous les arracheurs de cataplasmes : Cioran, Lichtenberg, Michaux. Un être qui mine, sape, creuse. Ylipe, c’est Nietzsche avec des pinces à vélo. Ces sentences, ces mots tout en éclairs, vous giclent à la gueule, vous aboient au nez. Et pour nous dire quoi ? Que tout, j’ai bien dit tout, est, dès le départ foutu, tutu. Lisons : « Dès l’arrivée, le départ se profile ». Par ailleurs, étant donné qu’« il n’y a rien à faire, pourtant on le fait » et qu’« il y a longtemps que nous avons fini », autant s’asseoir en terrasse pour déguster, en dilettante, un sorbet aux clous. C’est ce que fait Ylipe et c’est pour cela qu’Ylipe est grand.

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